# Assurance groupe : avantages et inconvénients proposés par les banques
Lorsque vous contractez un crédit immobilier, la souscription d’une assurance emprunteur constitue une étape incontournable du processus. Les établissements bancaires proposent systématiquement leur propre solution : l’assurance groupe. Cette formule collective, négociée en amont par la banque auprès d’un assureur partenaire, séduit par sa simplicité apparente mais soulève également de nombreuses interrogations. Entre économies d’échelle promises et risques de surcoûts avérés, entre facilité administrative et manque de personnalisation, l’assurance groupe mérite un examen approfondi. Face à l’ouverture du marché et à la possibilité désormais reconnue de choisir librement son assurance emprunteur, vous devez comprendre précisément ce que recouvre cette offre bancaire traditionnelle pour prendre une décision éclairée qui peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros sur la durée totale de votre prêt.
Définition et fonctionnement de l’assurance groupe bancaire
L’assurance groupe bancaire représente un contrat collectif souscrit par un établissement financier auprès d’une compagnie d’assurance, généralement filiale du même groupe bancaire. Ce dispositif permet à la banque de proposer une couverture standardisée à l’ensemble de ses emprunteurs. Contrairement aux idées reçues, cette formule ne constitue pas une obligation légale : vous disposez du droit de la refuser pour opter vers une assurance individuelle externe, à condition de respecter certaines conditions d’équivalence des garanties.
Mécanisme de mutualisation des risques en assurance collective
Le principe fondamental de l’assurance groupe repose sur la mutualisation des risques entre tous les assurés du portefeuille bancaire. Concrètement, les emprunteurs présentant un profil favorable (jeunes, en excellente santé, non-fumeurs, exerçant une profession sans risques particuliers) compensent financièrement les assurés plus fragiles. Cette solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle explique pourquoi les tarifs demeurent identiques pour tous les souscripteurs d’une même tranche d’âge, indépendamment de leur situation personnelle réelle. En 2024, environ 65% des emprunteurs français conservent encore l’assurance groupe proposée par leur banque, principalement par méconnaissance des alternatives disponibles ou par crainte de complications administratives.
Contrats cadres négociés par les établissements financiers
Les banques négocient des contrats cadres avec leurs partenaires assureurs pour bénéficier de conditions tarifaires avantageuses grâce aux volumes considérables générés. Ces accords pluriannuels déterminent les garanties proposées, les taux appliqués par tranche d’âge, les exclusions contractuelles et les modalités d’indemnisation. La marge réalisée par l’établissement bancaire sur ces contrats d’assurance représente une source de rentabilité significative, pouvant atteindre 40 à 50% du montant des cotisations versées par l’emprunteur. Cette réalité économique explique pourquoi certaines banques manifestent des réticences face aux demandes de délégation d’assurance, bien que cette pratique soit strictement encadrée depuis la loi Lagarde de 2010.
Différences entre assurance groupe et assurance individuelle déléguée
La distinction fondamentale entre ces deux formules réside dans leur mode de tarification et leur degré de personnalisation. L’assurance groupe applique un taux fixe calculé sur le capital initial emprunté, générant des cotisations mensuelles constantes durant toute
toute la durée du prêt. À l’inverse, la plupart des contrats d’assurance individuelle déléguée calculent la prime sur le capital restant dû, ce qui entraîne une cotisation dégressive au fil des remboursements. Sur 15 à 25 ans de crédit immobilier, cette différence de mode de calcul peut représenter plusieurs milliers d’euros d’écart entre une assurance groupe et une assurance individuelle, à garanties équivalentes. Autre distinction majeure : le niveau de personnalisation. Là où le contrat groupe propose un socle de garanties standard pour l’ensemble des assurés, l’assurance déléguée permet d’ajuster finement les options (invalidité partielle, affections dorsales et psychiques, sports à risques, franchise ITT, etc.) en fonction de votre profil et de vos besoins réels.
En pratique, l’assurance individuelle est généralement plus compétitive pour les profils jugés « peu risqués » (jeunes emprunteurs, non-fumeurs, cadres, professions stables), qui bénéficient d’une tarification sur mesure. À l’inverse, l’assurance groupe peut se révéler plus intéressante pour certains profils à risque aggravé, car la mutualisation atténue l’impact de leur situation personnelle sur le tarif. Vous l’aurez compris : il n’existe pas de formule universellement meilleure, mais deux logiques de fonctionnement qu’il faut comparer à partir de la fiche standardisée d’information (FSI) remise par la banque.
Obligations légales et réglementations bancaires applicables
Le marché de l’assurance emprunteur, et en particulier celui des assurances groupe bancaires, est aujourd’hui fortement encadré par la réglementation. Depuis la loi Lagarde de 2010, les banques ont l’interdiction de conditionner l’octroi d’un crédit immobilier à la souscription de leur propre contrat groupe. Elles doivent accepter toute assurance externe présentant un niveau de garanties au moins équivalent, conformément au principe d’équivalence des garanties. Ce principe est précisé par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui a défini une liste de critères objectifs à respecter.
Par la suite, la loi Hamon (2014) puis l’amendement Bourquin (2018) ont progressivement assoupli les règles de résiliation, avant que la loi Lemoine de 2022 n’ouvre définitivement le marché en autorisant la résiliation à tout moment, sans frais ni pénalité. Les établissements prêteurs sont également tenus de remettre à l’emprunteur une Fiche standardisée d’information (FSI) dès la première simulation de prêt, afin de faciliter la comparaison des offres. Enfin, la banque doit notifier par écrit tout refus de délégation d’assurance en motivant précisément les raisons du refus, sous peine de sanctions de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).
Avantages tarifaires et commerciaux des contrats groupe proposés par les banques
Réduction des primes grâce à l’effet de masse et aux économies d’échelle
Sur le papier, l’un des principaux arguments mis en avant par les banques en faveur de l’assurance groupe tient à l’effet de masse. En agrégeant des dizaines de milliers d’emprunteurs au sein d’un même contrat collectif, l’établissement prêteur négocie avec l’assureur des conditions préférentielles, fondées sur les économies d’échelle et la stabilité statistique du portefeuille. Cet effet volume permet parfois d’afficher des taux faciaux compétitifs, notamment sur certaines tranches d’âge ou pour des profils jugés plus risqués.
Cependant, cette réduction théorique des primes ne profite pas de manière uniforme à tous les assurés. Dans un contrat groupe, la prime est lissée pour couvrir la globalité des risques : les profils jeunes et en bonne santé financent en partie le surcoût lié aux assurés plus âgés ou présentant des antécédents médicaux. C’est un peu comme un abonnement de transport illimité : plus vous l’utilisez, plus il est rentable, mais celui qui ne prend le métro qu’occasionnellement subventionne malgré lui les gros utilisateurs. Pour un emprunteur au profil « premium », il est donc crucial de comparer ce tarif mutualisé avec celui d’un assureur alternatif spécialisé, qui chiffrera son risque réel au plus juste.
Simplification des démarches de souscription et d’adhésion
Autre atout indéniable de l’assurance groupe bancaire : sa simplicité de mise en place. L’offre d’assurance est intégrée au parcours de souscription du prêt immobilier, généralement sous forme de case à cocher au sein de l’offre de crédit. Vous n’avez pas besoin de multiplier les interlocuteurs ni de gérer des échanges entre la banque et un assureur externe : le conseiller bancaire pilote l’ensemble du process, de la demande de financement à la validation de la couverture.
Pour des emprunteurs pressés ou peu à l’aise avec les démarches administratives, cette solution « tout-en-un » constitue un gain de temps non négligeable. Les pièces justificatives sont limitées, les formalités médicales souvent réduites au strict minimum, et la validation intervient rapidement, ce qui peut être déterminant en cas de compromis de vente assorti de délais serrés. C’est précisément cette facilité qui explique pourquoi, malgré l’ouverture du marché, une majorité d’emprunteurs continue encore de souscrire l’assurance groupe par défaut, sans forcément explorer les alternatives disponibles.
Garanties standardisées et couverture immédiate sans questionnaire médical détaillé
La plupart des contrats groupe proposés par les réseaux bancaires reposent sur un socle de garanties standardisées : décès, perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), invalidité permanente totale (IPT), incapacité temporaire de travail (ITT), et parfois perte d’emploi en option. Ce « package » prédéfini a l’avantage de fournir une couverture immédiate sur les principaux risques exigés par les banques, sans que l’emprunteur ait à se poser de multiples questions sur le calibrage des garanties.
Dans de nombreux cas, et notamment pour les montants assurés inférieurs à 200 000 € remboursables avant les 60 ans de l’emprunteur, la loi Lemoine supprime purement et simplement le questionnaire de santé. Cette absence de sélection médicale détaillée peut sécuriser les profils ayant connu des soucis de santé passés, qui craignent un refus ou une surprime en assurance individuelle. Néanmoins, il faut garder en tête que cette simplification a un revers : l’assurance groupe ne tient pas compte de votre situation personnelle favorable et ne vous récompense pas, par exemple, si vous êtes non-fumeur ou si vous n’avez aucun antécédent médical.
Packages combinés avec produits bancaires : crédit immobilier et assurance emprunteur
Les banques ont développé des offres packagées combinant crédit immobilier, assurance groupe et parfois d’autres services (compte courant, carte bancaire, épargne). L’idée est simple : plus vous regroupez de produits dans le même établissement, plus celui-ci se montre enclin à octroyer un taux d’intérêt attractif sur votre prêt. Certains emprunteurs pensent même qu’accepter l’assurance groupe est une condition implicite pour bénéficier du meilleur taux de crédit, malgré l’interdiction formelle du « couplage » par la loi.
Dans la pratique, il est possible que la banque consente à un effort sur le taux nominal du prêt pour compenser le maintien de son assurance groupe plus rémunératrice. Toutefois, cette stratégie n’est pas toujours gagnante pour vous sur le long terme. Le taux du crédit ne représente qu’une partie du coût global de votre projet : l’assurance emprunteur peut à elle seule peser jusqu’à 25 à 30 % du coût total du financement. Il est donc essentiel de raisonner en coût global du crédit (TAEG + TAEA) plutôt qu’en simple taux facial, et de simuler différents scénarios avec ou sans délégation d’assurance.
Limitations de couverture et restrictions contractuelles des assurances groupe
Plafonds d’indemnisation et quotités de couverture limitées
Si l’assurance groupe offre une solution clé en main, elle s’accompagne aussi de limites de prise en charge qu’il ne faut pas sous-estimer. Certains contrats prévoient des plafonds d’indemnisation en cas de sinistre, par exemple un montant maximum pris en charge par assuré ou par période. D’autres encadrent strictement la durée d’indemnisation en incapacité de travail, avec des franchises de 90 jours ou plus, puis une prise en charge limitée dans le temps. Dans un contexte d’arrêt de travail prolongé, ces restrictions peuvent avoir un impact très concret sur votre budget familial.
La question de la quotité d’assurance est également stratégique, surtout en présence de co-emprunteurs. De nombreux contrats groupe suggèrent une répartition 50/50, sans forcément analyser la réalité des revenus de chaque emprunteur. Or, si l’un des deux assurés perçoit l’essentiel des ressources du ménage, une quotité mal calibrée peut laisser un reste à charge important en cas de décès ou d’invalidité de ce conjoint. Une assurance individuelle déléguée permettra souvent d’ajuster plus finement ces quotités (par exemple 70/30 ou 100/50) pour sécuriser au mieux votre foyer.
Exclusions de garanties pour pathologies préexistantes et professions à risque
Comme tout contrat d’assurance, l’assurance groupe comporte un certain nombre d’exclusions de garanties. Certaines pathologies préexistantes, notamment les affections psychiques ou dorsales, peuvent être exclues ou couvertes sous conditions (hospitalisation, taux d’invalidité minimum, etc.). De même, certaines professions à risques (militaires, pompiers, métiers de la sécurité, travailleurs en hauteur, marins, etc.) ou la pratique de sports extrêmes peuvent entraîner des restrictions, voire un refus de prise en charge sur certains volets du contrat.
Ces exclusions sont parfois moins visibles dans les discours commerciaux que dans les conditions générales. Il est donc crucial de lire attentivement la notice d’information avant de signer. En assurance individuelle, vous pouvez souvent trouver des contrats plus souples sur ces points, moyennant une surprime éventuellement raisonnable. En clair, mieux vaut parfois accepter une prime légèrement plus élevée mais bénéficier d’une vraie couverture adaptée à votre activité professionnelle ou à vos loisirs, plutôt qu’un contrat groupe moins cher mais partiellement inopérant en cas de sinistre.
Absence de personnalisation des garanties selon les profils d’assurés
Le principal reproche adressé aux assurances groupe tient à leur manque de personnalisation. Quelles que soient votre situation familiale, votre patrimoine, votre niveau de revenu ou vos projets de vie, vous obtenez pratiquement le même contrat que votre voisin de file au guichet. Or, un jeune actif célibataire n’a pas les mêmes besoins de protection qu’un couple avec trois enfants ou qu’un emprunteur proche de la retraite. À garanties standard identiques, les uns seront surassurés là où d’autres resteront insuffisamment couverts.
À l’heure où l’on personnalise ses abonnements de streaming et ses offres mobiles au millimètre, rester sur un produit d’assurance aussi standardisé peut vous sembler anachronique. L’assurance individuelle déléguée permet d’ajuster plus finement la porte de sortie : choix de la franchise ITT (30, 60 ou 90 jours), ajout ou non d’une garantie invalidité partielle, extension aux affections dorsales/psychiques sans condition d’hospitalisation, etc. Cette démarche demande un peu plus de réflexion en amont, mais elle vous donne les moyens de bâtir une protection sur mesure en cohérence avec vos priorités.
Analyse comparative des offres groupe : BNP paribas, société générale et crédit agricole
Positionnement tarifaire des contrats cardif BNP paribas versus concurrence
Les grandes banques de détail françaises proposent chacune leur propre contrat groupe via des filiales spécialisées. Chez BNP Paribas, c’est la compagnie Cardif qui porte la majeure partie des contrats d’assurance emprunteur. Historiquement, Cardif se positionne sur un modèle de tarification standardisé par tranche d’âge, avec un taux appliqué sur le capital initial. Pour un emprunteur de 30 à 40 ans, le taux d’assurance groupe peut approcher 0,30 % à 0,40 % du capital, là où certaines assurances individuelles concurrentes descendent sous la barre de 0,15 % pour des profils comparables.
Face à la concurrence croissante des assureurs alternatifs, BNP Paribas a toutefois développé des offres dites « défensives » avec une tarification plus agressive lorsque le client annonce d’emblée disposer d’un devis externe. Dans ces cas précis, on observe parfois une réduction de 20 à 30 % du coût de l’assurance groupe initialement proposée. Cela illustre une réalité souvent méconnue : comparer et présenter des devis concurrents est un levier de négociation tarifaire puissant, même au sein d’un réseau bancaire traditionnel.
Garanties décès-invalidité proposées par predica crédit agricole
Au Crédit Agricole, c’est l’assureur Predica (Prévoyance Dialogue du Crédit Agricole) qui porte la plupart des contrats groupe d’assurance emprunteur. Les garanties standard couvrent généralement le décès, la PTIA, l’IPT, l’IPP et l’ITT, avec des options possibles sur la perte d’emploi selon les caisses régionales. Predica est réputé pour proposer des contrats parfois plus souples sur certains profils médicaux « intermédiaires » (pathologies légères, petits antécédents) que d’autres acteurs bancassureurs, mais avec un coût global qui reste dans la moyenne haute du marché pour les jeunes emprunteurs en bonne santé.
Les cotisations Predica sont le plus souvent calculées sur le capital initial, avec une stabilité des primes tout au long du prêt. Pour un couple de trentenaires non-fumeurs empruntant 250 000 € sur 20 ans, la facture totale d’assurance peut ainsi dépasser 15 000 €, là où une délégation d’assurance bien négociée tournerait plutôt autour de 7 000 à 9 000 €. Là encore, l’enjeu n’est pas de pointer du doigt un acteur en particulier, mais de montrer que les assurances groupe de réseaux bancaires ne sont pas toujours les plus compétitives pour les profils peu risqués.
Conditions de résiliation et exercice du droit à la délégation d’assurance
BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et plus largement l’ensemble des banques de détail sont soumises aux mêmes règles en matière de délégation d’assurance et de résiliation. Concrètement, cela signifie qu’elles ne peuvent pas : refuser une assurance externe présentant des garanties équivalentes, facturer des frais de délégation, ni modifier le taux du crédit en représailles au changement d’assurance. Ces obligations découlent directement de la loi Lagarde, puis ont été renforcées par la loi Lemoine.
Dans la pratique, certaines banques peuvent parfois jouer sur les délais ou demander des justificatifs complémentaires pour vérifier l’équivalence des garanties. Vous disposez cependant d’armes juridiques : en cas de refus non motivé ou manifestement abusif, vous pouvez saisir le service réclamation de la banque, puis le médiateur, voire alerter l’ACPR. Là encore, être accompagné par un courtier ou un conseiller spécialisé permet de sécuriser votre démarche de substitution d’assurance et d’éviter les blocages.
Taux annuels effectifs d’assurance (TAEA) pratiqués par les réseaux bancaires
Pour comparer objectivement le coût d’une assurance emprunteur, il ne suffit pas de regarder le taux facial affiché par la banque. Il faut s’intéresser au TAEA (Taux Annuel Effectif d’Assurance), qui mesure l’impact réel de l’assurance sur le coût du crédit. Les études du CCSF montrent qu’en 2023, les TAEA pratiqués par les grands réseaux bancaires sur leurs contrats groupe restent en moyenne supérieurs de 30 à 50 % à ceux proposés par les meilleurs contrats individuels du marché, à niveau de garanties comparable.
Cette différence se traduit concrètement dans votre budget. Sur un prêt de 300 000 € sur 25 ans, un écart de TAEA de 0,20 point peut représenter plus de 10 000 € de surcoût sur la durée totale du crédit. Lorsque vous analysez l’offre de votre banque, prenez donc le temps de comparer le TAEA indiqué dans la FSI avec celui d’une ou deux propositions concurrentes. Vous verrez rapidement si l’assurance groupe se situe dans la fourchette haute ou dans une zone plus compétitive.
Droit à la résiliation et substitution d’assurance emprunteur selon la loi lemoine
Cadre législatif : loi lagarde, amendement bourquin et loi lemoine 2022
Le droit de choisir et de changer son assurance emprunteur s’est construit par étapes. La loi Lagarde (2010) a posé la première pierre en autorisant la délégation d’assurance dès la mise en place du prêt, à garanties équivalentes. L’amendement Bourquin, intégré à la loi Sapin II en 2017, a ensuite ouvert la possibilité de résilier son contrat d’assurance chaque année à la date anniversaire. Enfin, la loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, a franchi un cap décisif en instaurant la résiliation à tout moment de l’assurance emprunteur, sans frais ni pénalités, pour tous les prêts immobiliers en cours.
Ce cadre législatif offre aujourd’hui une liberté quasi totale aux emprunteurs. Vous n’êtes plus prisonnier du contrat groupe souscrit à la hâte au moment de l’achat du bien. À tout moment, vous pouvez faire jouer la concurrence, obtenir un devis auprès d’un assureur alternatif, vérifier l’équivalence des garanties et demander la substitution de votre assurance de prêt. Pour beaucoup de ménages, cette possibilité représente une opportunité de réaliser d’importantes économies a posteriori, même plusieurs années après la signature du crédit.
Procédure de résiliation infra-annuelle et équivalence des garanties
Comment se déroule concrètement une résiliation infra-annuelle de votre assurance groupe pour passer à une assurance individuelle ? La procédure se veut simple et encadrée. D’abord, vous sélectionnez un nouveau contrat répondant aux exigences de votre banque grâce à la Fiche standardisée d’information. L’assureur alternatif vous remet alors un certificat d’adhésion et une notice détaillant les garanties. Ces documents, accompagnés du formulaire de demande de substitution, sont transmis à votre banque par courrier, e-mail ou via l’espace client.
La banque dispose d’un délai légal de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser la demande. Le seul motif de refus valable reste le non-respect du principe d’équivalence des garanties. En cas d’acceptation, un avenant au contrat de prêt est édité, sans modification du taux ni de la durée du crédit. L’ancienne assurance groupe est alors résiliée à la date de prise d’effet de la nouvelle couverture, sans interruption de garantie. Pour sécuriser cette étape, il est recommandé de ne jamais résilier unilatéralement son assurance en cours sans disposer au préalable de l’accord écrit de la banque sur le nouveau contrat.
Comparaison avec les assureurs alternatifs spécialisés : MetLife, allianz et april
Pourquoi tant d’emprunteurs se tournent-ils aujourd’hui vers des assureurs alternatifs comme MetLife, Allianz, April ou d’autres spécialistes de l’assurance de prêt ? Tout simplement parce que ces acteurs ont bâti leur offre sur une logique inverse à celle des contrats groupe bancaires : tarification personnalisée, garanties modulables, ciblage des profils à faible risque. Résultat : dans 70 à 80 % des dossiers étudiés par les courtiers, les contrats individuels se révèlent moins chers que les offres groupe, parfois avec des écarts dépassant 50 %.
Au-delà du prix, ces assureurs se distinguent aussi par une plus grande flexibilité contractuelle : choix entre indemnisation forfaitaire ou indemnitaire, meilleure prise en charge des affections dorsales/psychiques, options pour certains sports ou professions à risques, etc. Bien sûr, la sélection médicale peut être plus exigeante et conduire à des surprimes dans certains cas. Mais pour un grand nombre d’emprunteurs, notamment les jeunes actifs sans antécédents, les assurances alternatives constituent une véritable opportunité d’optimiser le rapport couverture/coût de leur assurance de prêt.
Stratégies d’optimisation du rapport couverture-coût pour les emprunteurs
Utilisation des comparateurs en ligne et courtiers spécialisés en assurance crédit
Face à la complexité du marché et à la diversité des offres, il est difficile, voire illusoire, de comparer manuellement toutes les assurances emprunteur disponibles. C’est là qu’interviennent les comparateurs en ligne et les courtiers spécialisés. En renseignant quelques informations clés (âge, montant et durée du prêt, statut fumeur/non-fumeur, profession), vous obtenez en quelques minutes une sélection d’offres classées par coût total et niveau de garanties. Ces outils constituent un excellent point de départ pour identifier les contrats les plus compétitifs par rapport à votre assurance groupe actuelle.
Les courtiers, quant à eux, vont plus loin en vous accompagnant dans la lecture des conditions générales, la vérification de l’équivalence des garanties et la gestion des échanges avec la banque. Ils connaissent les spécificités des principaux contrats groupe (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, etc.) et savent quelles compagnies alternatives sont les plus adaptées à tel ou tel profil (cadre, indépendant, profession médicale, expatrié, etc.). Recourir à un courtier ne vous coûte généralement rien directement, puisque sa rémunération est intégrée dans la prime d’assurance versée à l’assureur.
Négociation des conditions contractuelles avec l’établissement prêteur
Optimiser son assurance de prêt ne signifie pas forcément quitter systématiquement le contrat groupe. Dans certains cas, le simple fait de mettre en concurrence votre banque avec un devis externe peut suffire à obtenir une amélioration substantielle des conditions. Présenter à votre conseiller un devis d’assurance individuelle moins cher, à garanties équivalentes, peut l’inciter à activer un contrat groupe « défensif » ou à revoir certains paramètres (quotités, franchises) pour rester dans la course.
Il est également possible de négocier les quotités d’assurance entre co-emprunteurs pour adapter au mieux la couverture à la réalité des revenus du ménage, ou encore de renoncer à certaines options coûteuses mais peu utiles dans votre situation (garantie perte d’emploi, par exemple). L’essentiel est de ne pas considérer l’offre de la banque comme intangible. Tant que vous restez dans le cadre de l’équivalence des garanties exigées, vous disposez d’une véritable marge de manœuvre pour ajuster le curseur entre niveau de protection et coût de l’assurance.
Impact financier sur le coût total du crédit immobilier à long terme
Pour mesurer pleinement l’intérêt d’optimiser son assurance emprunteur, il faut raisonner en termes de coût total du crédit à long terme. Prenons un exemple simple : pour un prêt de 250 000 € sur 20 ans, un contrat groupe à 0,36 % du capital initial représente environ 18 000 € de primes sur la durée du prêt. Si vous parvenez à substituer ce contrat par une assurance individuelle à 0,14 % sur capital restant dû, le coût total peut tomber à 8 000 ou 9 000 €. L’économie réalisée dépasse alors 9 000 €, soit l’équivalent de plusieurs années de mensualités.
Au-delà du montant global, ces économies améliorent aussi votre capacité d’emprunt. Une assurance moins chère réduit votre TAEG, ce qui peut vous permettre, à mensualité identique, d’emprunter un peu plus ou de diminuer la durée de votre prêt. À l’heure où les taux immobiliers ont connu une hausse sensible, chaque levier d’optimisation compte. Ne pas se pencher sur la question de l’assurance groupe reviendrait à négliger un poste de dépense qui peut peser aussi lourd, voire plus, que le taux nominal de votre crédit.